De l’univers, la Terre est, nous dit t-on, bleue comme la mer qui la recouvre à plus de 75%. De loin, les relations humaines semblent toujours positives et sincères. Notre société est constituée de foyer heureux, mariés, avec 2.6 enfants en moyenne : des couples qui resteront liés jusqu’à ce que mort s’ensuive. Pourtant, l’Humain, dans son essence même (une vie éphémère et non renouvelable), serait plutôt amené à vouloir vivre le plus de choses possibles avant de disparaître à jamais. Comment en arrive t-il à plonger dans une relation exclusive, permanente ? Et surtout quel est le prix qu’il en paye ?

Au delà de la notion du couple, comment chacun de nous aborde t-il son prochain ? A t-on l’impression de prendre de l’énergie aux autres, d’en donner ou de la partager ?

La notion d’énergie

La rencontre entre deux personnes, le partage d’informations tragiques ou heureuses, la traversée d’événements spéciaux provoquent en chacun de nous des émotions influant sur nos humeurs et nos comportements. Appelons cela des échanges d’énergie. Comme on peut le deviner, ces échanges peuvent être au détriment de l’un ou l’autre des interlocuteurs. Par exemple si l’on cherche à consoler un ami, nous allons lui donner notre énergie pour l’aider à avancer. Au contraire, si quelqu’un nous monopolise l’attention, il aura tendance à nous en prendre de force.

Cependant, les échanges d’énergie peuvent être tout à fait harmonieux : pour cela il faut prendre conscience de ce que l’on va projeter sur l’autre et surtout identifier nos mécanismes néfastes de captations d’énergie.

Les moyens néfastes de prendre l’énergie des autres

Il y a globalement 4 moyens d’extirper de l’énergie aux autres. Ces moyens dépendent de la façon dont chacun de nous a été éduqué, de l’environnement où il a grandit et de la manière dont il s’est débrouillé pour se sortir des échanges d’énergies néfastes de son enfance et d’en tirer son partie. Le jeu qu’il s’agira de faire ensuite, sera d’identifier dans quel profil nous pouvons ranger nos parents et ainsi comprendre ce qui nous a fait devenir tel que nous sommes.

–L’intimidation–

Le premier mécanisme de prise d’énergie est la domination permise par la position hiérarchique, le savoir, le pouvoir, la force morale et physique. Tant qu’il est accepté par son interlocuteur, l’intimidateur peut voler l’énergie de son esclave en lui prouvant qu’il a tort, qu’il ne sait pas de quoi il parle, qu’il n’est pas légitime dans ses arguments ou encore qu’il lui doit un respect muet devant sa position de ‘père’. Ce mécanisme est à relier à la notion de ‘professionnalisme’ qui permet souvent à des personnes possédant un savoir, une capacité manuelle, à l’imposer à l’autre aux mépris de son avis.

–La plainte–

Mécanisme plutôt passif, la plainte permet de contrebalancer un intimidateur en essayant de lui prouver que s’il est dans sa situation actuelle, c’est à cause de lui. Le plaintif est ainsi également culpabilisant, souvent dans le sacrifice de soi pour les autres mais de manière à acquérir de l’énergie en leur montrant sa dévotion. Ce mécanisme est sans doute le plus développé actuellement. Tout est matière à plaintes aujourd’hui du fait de la passivité ambiante de la population : on subit ses choix primaires (le mariage, les enfants, la souscription de crédits) et on les fait payer à ceux qui sont encore libres.

–L’indifférence–

Deuxième mécanisme passif, l’indifférence est le fait de se retrancher dans sa coquille, d’éviter la confrontation et de rester évasif vis à vis des autres. L’interlocuteur normal, face à un tel comportement, aura tendance à interroger pour comprendre le pourquoi d’un tel isolement, consacrant ainsi une bonne part de son énergie à l’ouverture d’une carapace qui n’est pas destiné à l’être. L’indifférent joue sur cet acharnement et en jouit lorsqu’il a réussi à ne pas se dévoiler. Jouissance éphémère quand il se rend compte être passé à côté d’une rencontre vraie et enrichissante.

–L’interrogation–

Mécanisme actif de domination, l’interrogation consiste à questionner son interlocuteur de manière à obtenir des informations privées ou sensibles puis de briser les ressentis de l’autre en lui prouvant qu’elles ne valent rien. Le questionnement n’est donc destiné qu’à casser l’autre sur ses choix, ses avis, son pouvoir décisionnel. Il est souvent contrebalancé par l’indifférent qui, en cachant ses pensées, sort de ce processus d’interrogation-domination. Contrairement à l’intimidateur, l’interrogateur se met souvent sur un pied d’égalité avec son interlocuteur, ce qui accentue la confiance qui lui est donné mais accentue également l’emprise.

Fils ou Fille de…

Il peut sembler facile et cruel de catégoriser ses parents dans une de ces cases. Ce n’est pas le but. Il ne s’agit que d’identifier un comportement global et d’identifier sa propre attitude en réponse à celui ci, attitude dont il faut se débarrasser pour arriver à des relations saines avec son entourage choisi.

Par exemple, mon père a commencé par être intimidateur vis à vis de moi en usant de la violence autoritaire paternelle, ce dont j’avais tendance à me plaindre à ma mère. Puis il a évolué en interrogateur, lorsque j’ai quitté le foyer familial, en m’interpellant sur mes choix qu’il ne trouvait jamais assez bon pour lui.

Ma mère, culpabilisante, était dans une relation de don d’elle même avec tout le monde sauf sa famille, quitte à la négliger aux profit de la souffrance humaine. Ensuite, elle se plaignait à son entourage de ne pas voir ses enfants…Face à cela, je suis devenu interrogateur vis à vis de mon entourage, les brisant dans leurs choix

Aujourd’hui, je fais face à cela en devenant plus vague et moins vrai à leur égard. J’ai conscience que ce comportement n’est pas idéal, cependant je considère que mes parents sont un héritage, qu’ils ne devraient que m’apporter de l’énergie positive et que s’ils ne le font pas, j’ai le droit de m’extraire de leurs mécanismes par l’indifférence. De plus, je considère que l’environnement vrai ou je gravite est celui que je choisis : mes amis, mes connaissances, mes habitudes de création. C’est avec eux que je pratique l’écoute active, l’échange vrai et le partage créatif.

Être l’enfant, c’est se rendre compte des erreurs et des frustrations de la vie de ses parents, les assimiler et ne pas les reproduire. C’est eux la base de notre vie, notre expérience primaire et nous ne pouvons qu’être plus épanoui qu’eux.

Des relations saines et enrichissantes

Avoir des relations intéressantes avec ses pairs, c’est sortir de ces mécanismes dominateurs ou passifs qui nous empoisonne l’existence. Face à de tels comportement, il n’y a qu’une solution : les mettre en évidence par un « pourquoi est ce que tu es si incisif(ve) ? », « J’ai l’impression que tu es indifférent à ce que je dis, qu’y a t-il ? », « de quel droit de permet tu de juger mes ressentis » ou « pourquoi est ce que tu te plains ? je n’ai pas envie de partager cela avec toi ».

Ensuite, il n’y a plus qu’à laisser la porte ouverte à la vérité dans l’échange, si il y en a un de possible ! Rappelons-nous bien que tout le monde n’a pas forcément un message à nous faire passer et que ceux qui s’accrochent à nous sans rien partager de positif sont souvent des êtres néfastes et inutiles.